DEUXIÈME PARTIE : LA VIOLENCE DE L’ENVIRONNEMENT SOCIAL – VIOLENCE OF THE SOCIAL ENVIRONMENT – LA VIOLENCIA DEL ENTORNO SOCIAL
«Le monde est trop dangereux pour qu’on y vive, non à cause des gens qui font le mal, mais à cause de ceux qui les laissent faire sans bouger.» Albert Einstein
La réinstallation de la misère dans les pays riches et son enracinement dans les pays pauvres, alliées à la généralisation de la nouvelle logique libérale sacrifiant tout aux lois du marché, sont le terreau de la recrudescence de la violence sociale, qui va de la simple incivilité jusqu’à la violence aveugle. Les comportements sociaux en sont influencés. Les logiques sécuritaires s’imposent souvent aux démarches de prévention et d’éducation pendant que, partout dans le monde, ceux qui le peuvent s’installent de plus en plus dans des quartiers protégés et barricadés, contribuant un peu plus au détricotage
1. L’esclavage moderne – The Today Slavery – La esclavitud de hoy
Les principales routes de l’esclavage entre le VIIIe et le XIXe siècle
(Cartographie: Marc Verney/RFI, source: Unesco)

Un peu d’histoire
1685 : le code noir : Dans ce texte, le roi de France entend définir une doctrine de l’esclavage. Ses cinq grandes préoccupations sont : sauver l’âme des esclaves, garantir leur soumission par la terreur, limiter la barbarie des maîtres, définir les conditions de vente et d’héritage des esclaves et codifier les conditions d’affranchissement.
1713: l' »Asiento » : A la suite des traités d’Utrecht, Hollandais et Anglais obtiennent l' »Asiento », le monopole du transport des Noirs d’Afrique vers les colonies espagnoles. En 1445, une bulle du pape autorisait le Portugal à réduire en esclavage les peuples infidèles.

La traite des Noirs : Au XVIIIe siècle, des navires chargés de pacotilles quittent les ports européens vers l’Afrique. Les denrées sont échangées contre des esclaves. Ceux-ci sont acheminés vers les colonies américaines. Les navires repartent vers l’Europe avec des produits tropicaux et des métaux précieux : c’est le commerce triangulaire.
Abolition et rétablissement : En 1794, la Convention prend un décret d’abolition. Huit ans plus tard, Bonaparte, sensible aux arguments du lobby colonial, rétablit l’esclavage et la traite des Noirs.
Article premier du décret d’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848 : « L’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits. »
Victor Schoelcher : Né à Paris, en 1804. Victor Schoelcher est héritier des courants abolitionnistes. En 1848, il est nommé sous-secrétaire d’Etat aux Colonies. Le 27 avril, il parvient, non sans difficultés, à signer le décret d’abolition de l’esclavage. Elu en août, il représente la Martinique et la Guadeloupe. Optant pour le premier mandat ; il laisse le second à son suppléant, un ancien esclave.
Esclavage ou travail forcé, Source Quid
Les employées de maison, « esclaves modernes » : The Nation de Nairobi plaint les « ayahs », ces jeunes filles pauvres et illettrées venues des campagnes faire du babysitting. « La plupart du temps, la nature de l’emploi change une fois qu’elles ont passé le pas de la porte. » Cuisine, charbon, tirage d’eau, linge, animaux domestiques… Les horaires ne sont pas plus comptés que les salaires assurés, constate le China Daily (Pékin), qui estime à 220 000 les rurales employées par des « urbains pressés » à Pékin. Il y a un « golfe » entre les contrats et la réalité, qui se déroule dans un espace « privé », déplorent les ONG mobilisées. « Les abus sont légion » et vont jusqu’à la prostitution, pointe le Kerala News : des émigrées indiennes « finissent esclaves chez des Arabes ». Un rapport de l’Office international des migrations sur le trafic humain dans les Caraïbes inquiète le Bahama Journal. (Le Monde – lettre check-list – 22 juillet 2005)
Le Bureau international du travail dénonce l’ampleur du travail forcé : lemonde.fr – 11 mai 2005 (Dans un rapport publié mercredi 11 juin, le BIT estime que 12,3 millions de personnes sont touchées par ce « fléau social » qui revêt des formes très diverses.
Kenya : Les employées de maison, « esclaves modernes » : The Nation de Nairobi plaint les « ayahs », ces jeunes filles pauvres et illettrées venues des campagnes faire du babysitting. « La plupart du temps, la nature de l’emploi change une fois qu’elles ont passé le pas de la porte. » Cuisine, charbon, tirage d’eau, linge, animaux domestiques… Les horaires ne sont pas plus comptés que les salaires assurés, constate le China Daily (Pékin), qui estime à 220 000 les rurales employées par des « urbains pressés » à Pékin. Il y a un « golfe » entre les contrats et la réalité, qui se déroule dans un espace « privé », déplorent les ONG mobilisées. « Les abus sont légion » et vont jusqu’à la prostitution, pointe le _ Kerala News : des émigrées indiennes « finissent esclaves chez des Arabes ». Un rapport de l’Office international des migrations sur le trafic humain dans les Caraïbes inquiète le Bahama Journal. (Le Monde – lettre check-list – 22 juillet 2005)
Niger : Judith Rueff : Le Niger compte ses esclaves Libération 02 décembre 2005 (Depuis la loi de 2003 qui punit de prison l’esclavage, la polémique enfle sur le nombre de Nigériens exploités sans salaire et sans droit. Le gouvernement minimise l’existence de cette pratique, tandis que les antiesclavagistes forcent le trait pour obtenir de l’aide internationale. )
Liban : Dominique Torrès : Bonnes à vendre LE MONDE | 10.10.07 (Bienvenue à l’aéroport Rafic-Hariri », susurre une voix féminine tous les quarts d’heure. 7 h 30 du matin, le hall est vide. Seule une salle d’attente est noire de monde. Sur le mur, un panneau indique « zone de réception pour les bonnes ». Des chrétiens, des musulmans, des couples, des familles entières, arrivent. Parmi eux, M. Hadj, un médecin franco-libanais. Il est pressé, le travail à l’hôpital l’attend : « Les agences s’occupent de tout, explique-t-il, mais il faut venir soi-même pour la livraison de la bonne. » « En 2002, j’ai littéralement sauvé de la famine une Togolaise en la prenant chez moi, raconte une dame en jeans. Je l’ai d’abord payée 50 dollars (35 euros) par mois, mais au bout de six mois, comme elle travaillait très bien, je l’ai augmentée à 75 dollars (53 euros). »)
France : AFP : Esclavage domestique : la France condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme, Le Monde 26.07.05 (La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France, mardi 26 juillet, pour n’avoir pas suffisamment réprimé un cas d’esclavage domestique dont avait été victime entre 1994 et 1998 une jeune Togolaise employée sans rémunération par un couple parisien. )
2. Enlèvements – Kidnappings – Raptos

Daniel Pearl, un reporter du Wall Street Journal, enlevé le 23 janvier 2002 à Karachi, au Pakistan. Le « Mouvement national pour la restauration de la souveraineté pakistanaise » disait le détenir dans des conditions « inhumaines » afin de protester contre le traitement infligé aux taliban et miliciens d’Al Qaïda par les autorités américaines dans la base de Guantanamo Bay. Il a finalement été assassiné et ses meurtriers arrêtés.

Richard Labévière : Otages: un marché émergent – Radio France Internationale 13 juin 2005
Business du kidnapping en Irak : Marie Jeanne Ion, Sorin Miscoci et Ovidiu Ohanesian, les trois journalistes roumains qui ont été détenus en otages en Irak durant 55 jours avant d’être finalement libérés le 22 mai 2005, n’avaient pas été kidnappés par la Résistance, mais par un homme d’affaires à la double nationalité syrienne et roumaine, Omar Hayssam. Celui-ci avait organisé leur enlèvement avec l’aide de Mohammed Munaf, leur guide irako-états-unien sur place, afin de se poser ensuite en libérateur et d’échapper ainsi à des poursuites judiciaires pour crime organisé et délinquance financière en Roumanie, a expliqué le président roumain Traian Basescu. Ce dernier a ajouté que le plan d’Hayssam avait échoué, les otages se retrouvant finalement entre les mains d’un groupe plus dangereux et devant être libérés par les services roumains. Enfin, le président Basescu a exhorté ses compatriotes à ne pas se rendre en Irak sans bonne raison pour cela. Réseau Voltaire, 13 juin 2005
3. Trafics de personnes et d’organes humains – People and Human Organs Trafficking – Tráficos de personas y organos humanos
Définitions
1- Trafic : nom masculin (ital. traffico) ; Commerce illégal et clandestin.
2- Traite : Forme élémentaire de commerce qui consistait à échanger des marchandises manufacturées de faible valeur contre des produits locaux.
3- Traite des Blanches : forme d’esclavage consistant à entraîner ou à détourner des femmes en vue de les livrer à la prostitution.
4- Traite des Noirs : trafic des esclaves sur les côtes de l’Afrique, pratiqué par les Européens du XVIe au XIXe s. (Le congrès de Vienne la condamna en 1815, mais, en dépit de diverses conventions la prohibant, la traite ne disparut qu’à la fin du XIXe s.) [On dit plutôt aujourd’hui traite négrière]
Le Petit Larousse illustré 1999. © Larousse, 1998.
Les Nations unies distinguent aujourd’hui entre le trafficking, c’est-à-dire l’exploitation des clandestins arrivés à bon port, et le smuggling, le travail des passeurs. La tendance aujourd’hui, c’est le trafficking. Le réfugié ne « rapporte » plus, car il a trop peu de chances d’obtenir l’asile. Le passeur gagne davantage en transportant une prostituée ou un travailleur qui remboursera le prix de son voyage pendant des années.
23 milliards d’euros par an. C’est ce que génère dans le monde la traite des êtres humains pour le travail forcé – AFP – 30 juin 2006 : La traite des êtres humains pour le travail forcé génère de 23 à 27 milliards d’euros par an dans le monde, a indiqué hier à Lisbonne Helga Konrad, représentante spéciale du président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la lutte contre le trafic des êtres humains. «Cette forme moderne d’esclavage est l’un des crimes les plus présents dans le monde»,a déclaré Helga Konrad à l’occasion d’un colloque international. Pour combattre ce fléau en Europe, les participants à cette réunion ont défendu notamment le lancement de campagnes de sensibilisation aussi bien dans les pays d’origine que dans les pays d’accueil. A travers la planète, plus de 12 millions de personnes sont victimes de formes modernes d’esclavage, un phénomène qui tend à s’aggraver en Europe sous l’effet de la mondialisation, selon le Bureau international du travail. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) évalue entre 700 000 et 2 millions le nombre de personnes victimes de la traite chaque année dans le monde.
http://www.liberation.fr/actualite/instantanes/chiffre/190279.FR.php
Cheryl Mille : Il est né le divin enfant : L’essor du bébé-business, The New Atlantis, Washington via Courrier international – n° 842-843 – 21 déc. 2006 (Ovules, sperme et bébés sont désormais vendus chaque jour dans le monde. Le marché étant immense, il est urgent d’en débattre, affirme Debora Spar, professeure à Harvard et auteure d’un livre événement sur le sujet.)
Afrique – Africa – Africa
Le trafic d’enfants, un phénomène « inquiétant » en Afrique de l’Ouest – AFP – 28 juillet 2006
Le trafic des enfants en Afrique de l’Ouest « continue de prendre des proportions inquiétantes », malgré l’adoption de plusieurs accords et conventions multilatéraux de lutte contre ce fléau. « Malgré nos efforts, il ne se passe pas un mois où nos forces de défense et de sécurité n’interceptent à nos frontières des enfants convoyés par des adultes indélicats à des fins d’exploitation », a déclaré la ministre ivoirienne de la Famille Jeanne Peuhmond, au cours d’un réunion rassemblant pendant trois jours des experts venus de neuf pays: Bénin, Burkina Faso, Mali, Togo, Guinée, Niger, Côte d’Ivoire, Nigeria et Liberia. Elle a débouché sur l’adoption d’un plan d’action qui prévoit la promulgation de lois au niveau de chaque pays réprimant le trafic des enfants. Un accord multilatéral signé en juillet 2005 mettant l’accent sur une collaboration transfrontalière pour mettre fin à l’impunité dont bénéficient les trafiquants, n’a pas permis de ralentir le trafic. « La main d’œuvre enfantine est moins chère et les enfants sont par ailleurs moins revendicatifs que les adultes » Exemple des enfants burkinabè envoyés dans des plantations de cacao de l’ouest de la Côte d’Ivoire. « Ces enfants qui perdent contact avec leurs familles en se trouvant dans un pays inconnu (…) deviennent vulnérables et exposés à toutes sortes d’abus », a souligné Youssouf Oomar, représentant de l’Unicef en Côte d’Ivoire. « L’inadéquation du système scolaire qui ne fournit pas de perspective d’emploi et la pauvreté poussent ces enfants à quitter l’école les exposant aux trafiquants ». Le trafic des enfants prend surtout deux formes: exploitation sexuelle ou travail pénible et souvent non rémunéré. La Côte d’Ivoire est la plaque tournante de ce trafic, étant pays destinataire et pays de transit, estime Nathalie Coulibaly Adom secrétaire permanente du Comité national de lutte contre le trafic et l’exploitation des enfants en Côte d’Ivoire. Une centaine d’enfants ont pu être sauvés en 2005, grâce à la vigilance des forces de l’ordre qui ont intercepté des convois de trafiquants. Le 31 mai dernier, un convoi d’une trentaine d’enfants burkinabè âgés de 10 à 17 ans, destinés aux vastes et riches plantations de la région de Soubré (350 km au sud-ouest d’Abidjan), capitale de la boucle du cacao, ont pu être rapatriés.
Afrique du sud : Jane Morse : Un avocat secourt des victimes de la traite en Afrique du Sud et au Mozambique (Inacio Sebastiao Mussanhane veut sensibiliser le public tout en protégeant les victimes.) America.gov 16.06.2009 (Une conversation dans un café de Pretoria, en Afrique du Sud, a été à l’origine d’une enquête dangereuse que devait mener Inacio Sebastiao Mussanhane, un avocat du Mozambique qui étudiait dans ce pays. C’est là que M. Mussanhane a entendu dire que des jeunes Mozambicaines étaient retenues en esclavage sexuel dans un immeuble de luxe du voisinage qui servait de maison close. M. Mussanhane a décidé d’enquêter sur cette question. Se faisant passer pour un client, il s’y était rendu pour voir ce qu’il en était. Après avoir affirmé aux jeunes filles qu’il n’était pas venu pour leurs services mais pour les aider, il avait pu gagner leur confiance.)
Nigeria : Source AFP : Des bébés conçus pour la vente, Libération 8 nov. 2008 (Selon l’Unicef, au moins dix enfants sont vendus quotidiennement au Nigéria.
La police vient de découvrir une maternité clandestine, à l’est du pays.)
Pérou : Assassinats et trafic de graisse humaine : La police péruvienne a annoncé le 19 novembre le démantèlement d’un réseau qui aurait assassiné des dizaines de personnes afin de revendre leur graisse à des personnes l’utilisant pour la fabrication de produits cosmétiques. Les restes de certaines des victimes ont été retrouvés dans une maison où travaillait le réseau. La police enquête sur 60 disparitions dans la région de Huánuco qui pourraient être liées à l’activité de ce gang. Selon le quotidien, la graisse était ensuite envoyée en Europe. La República, 20 nov.2009
États-Unis : Jane Morse : La lutte contre la traite, élément essentiel de la politique étrangère américaine (Le secteur public et le secteur privé doivent s’y associer plus étroitement.) America.gov, 17.06.2009 (Le gouvernement Obama considère la lutte contre la traite des personnes, tant aux États-Unis qu’à l’étranger, comme un élément essentiel de la politique étrangère américaine, a indiqué la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, le 16 juin lors de la publication par le département d’État du neuvième rapport annuel sur la traite des personnes. Elle a souligné à cette occasion la nécessité d’établir un plus grand nombre de partenariats entre le secteur public et le secteur privé en vue de lutter contre ce fléau.)
Laurent Mauriac : Etats-Unis : cadavres exquis aux pompes funèbres, Libération 20 octobre 2006 – 06:00 (Des organes étaient prélevés sur des corps à l’insu des familles pour être greffés.)
Les procès contre les trafics d’êtres humains ont triplé depuis 2000 dans le pays. Le département de la justice enquête en 2004 sur 158 affaires contre 12 en 1993. (Le Monde, 18 mai 2004)
India – Inde : Vanessa DOUGNAC : L’Inde découvre un trafic international d’organes, La Croix, 31/01/2008 (Un réseau international de trafic de reins a été découvert dans une clinique privée de la banlieue de New Delhi où des médecins prélevaient ces organes sur des miséreux pour les greffer ensuite sur des patients venus de pays riches)
Europe – Europe – Europa
Pays Bas : Jean-Pierre Stroobants , Enquête sur un trafic européen de jeunes Africains depuis les Pays-Bas, LE MONDE | 18.01.08 (Le mystère de la disparition de nombreux enfants étrangers est peut-être en partie résolu, aux Pays-Bas. Au cours des dix dernières années, plusieurs centaines d’entre eux, essentiellement d’origine nigériane, avaient quitté, sans laisser de trace, les centres où sont accueillis ceux que les Néerlandais ont baptisé les « ama’s », à savoir les « mineurs non accompagnés », entrés aux Pays-Bas en affirmant qu’ils avaient perdu tout papier permettant de les identifier.)
Pologne : La police polonaise démantèle un groupe de passeurs d’immigrés illégaux : La police polonaise a annoncé dimanche avoir démantelé deux groupes de passeurs d’immigrés illégaux russes, moldaves et ukrainiens vers l’Europe occidentale, arrêtant une douzaine de personnes dont les chefs présumés des deux groupes, un Ukrainien et un Polonais. « Les volontaires pour aller en Europe occidentale, principalement des Russes, des Ukrainiens et des Moldaves qui ne pouvaient obtenir un visa légalement, se voyaient proposer moyennant finances une filière polonaise », a précisé un porte-parole de la police, Pawel Miedlar cité par l’agence PAP. Une fois en Pologne, les candidats à l’émigration étaient pris en charge par les passeurs, logés, nourris et munis de faux documents polonais. Ils étaient ensuite conduits en République tchèque pour prendre à Prague un avion vers la destination de leur choix, sous leur fausse identité polonaise, a expliqué M. Miedlar. La plupart de ces immigrés illégaux, qui devaient payer chacun entre 2.500 et 3.000 euros pour cette prestation, choisissaient l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne, a-t-il ajouté. La police polonaise a saisi une centaine de passeports polonais et près de 350 cartes d’identité et permis de conduire, documents qui permettent aux Polonais de voyager dans l’Union européenne. Les passeurs ont été écroués pour trois mois. Ils risquent jusqu’à 8 ans de prison. AFP 16.07.06
Egypte : Ludovic Gonty et Stéphanie Wenger : organes à vendre, Les blogs du diplo, 19 octobre 2009 (Le prélèvement d’organes sur les cadavres est interdit en Egypte. Résultat : les organes sont prélevés sur des donneurs vivants, et dans la majorité des cas, moyennant rétribution. Un projet de loi visant à criminaliser ce commerce et à autoriser le prélèvement sur cadavres doit être examiné prochainement. A plusieurs reprises déjà, des tentatives de régulation ont échoué, en raison notamment d’objections religieuses sur la définition de la mort. Alors que ce débat va être relancé en Egypte, enquête sur le « marché noir » des organes. )
4. La piraterie – La piraterìa – Piracy
Définitions
Piraterie : A. (Acte de) brigandage maritime qu’exercent les pirates.
B. Par extension :
1. Action, fait de s’emparer illégalement et par la force du bien d’autrui. Synon. Brigandage, rapine. Piraterie industrielle.
2. Action de s’accaparer le contenu des œuvres intellectuelles ou artistiques.
– Pirate : Le mot pirate provient du terme grec (piran) signifiant « s’efforcer de », « essayer de », « tenter sa chance à l’aventure ». Et du latin pirata; celui qui tente la fortune, qui entreprend. Un pirate est une personne qui pratique la piraterie. La piraterie est la pratique, aussi vieille que la navigation, qui a pour objet l’attaque d’une embarcation dans le but de voler son chargement, et parfois le bateau tout entier. Cependant, les pirates ne se limitaient pas seulement aux pillages de bateau mais parfois attaquaient de petites villes côtières. Le mot « pirate » est rattaché aux actions en mer sans l’accord d’une nation souveraine, contrairement aux corsaires, capitaines d’embarcation privée travaillant pour le compte d’une nation ou d’une personne importante dans la société. La piraterie maritime connut son apogée durant le XVIIIe siècle puis peu à peu disparut, dû au pouvoir grandissant des nations sur toutes les régions du monde. Beaucoup d’anarchistes se sont inspiré de la philosophie des pirates qui consistait à s’exiler de toute nation afin de mener une vie plus libre. Malgré son origine maritime, le mot pirate est mentionné dans des contextes différents, tels que les « pirates de la route », que l’on appelait autrefois « voleurs de grand chemin ». Par glissement sémantique, un pirate informatique désigne un individu s’adonnant à des détournements de fonds effectués par Internet, ou des copies d’œuvres sans respecter le droit d’auteur ou le copyright. Il en existe d’autres formes plus crapuleuses comme l’hameçonnage, qui consiste à usurper une identité, le plus souvent corporative. On parle parfois de pirates dans le cas d’actes politiques et terroristes : c’est le cas des pirates de l’air. Toutefois, il s’agit ici d’une déformation du sens de pirate : l’absence de l’intérêt lucratif d’une action terroriste fait que l’on ne peut pas réellement lier ces malfaiteurs aux véritables pirates. Source Wikipedia
– Corsaire : Un corsaire est un membre de l’équipage d’un navire civil armé, autorisé par une lettre de marque (également appelée lettre de commission ou lettre de course) à attaquer en temps de guerre, tout navire battant pavillon d’États ennemis, et particulièrement son trafic marchand, laissant à la flotte de guerre le soin de s’attaquer aux objectifs militaires. Les corsaires ne doivent donc pas être confondus avec les pirates puisqu’ils exercent leur activité selon les lois de la guerre, uniquement en temps de guerre et avec l’autorisation de leur gouvernement. Capturés, ils ont droit au statut de prisonnier de guerre. Source Wikipedia
Monde – World – Mundo

Des forces turques de l’Otan arrêtent un bateau pirate au terme d’une course poursuite dans le golfe d’Aden. A bord, sept pirates somaliens, armés. Libération, 25.09.2009
Stephanie Nall : Le coût de la piraterie America.gov 11.06.2009 (Il va jusqu’à inciter des navires à éviter le canal de Suez.) (Selon la plus grande société du monde spécialisée dans le transport maritime par conteneurs, Maerks Line, la piraterie a entraîné une augmentation de ses primes d’assurance et l’a obligée à facturer ses frais supplémentaires à ses clients. Toutefois, pour les expéditeurs comme pour les armateurs, le coût des attaques armées et parfois meurtrières ne se limite pas aux frais d’assurance ; il comprend aussi le temps perdu, les nouvelles dépenses et les perturbations d’ordre économique.)
61 actes de piraterie en trois mois: La violence maritime redouble depuis le début de l’année: Le Centre d’information sur la piraterie, branche du Bureau maritime international (BMI), a rendu public mercredi son rapport de recensement des actes de piraterie dans le monde. Ils relèvent ainsi une nette augmentation en nombre et en violences de ces actes, avec en particulier un doublement des prises d’otages. 61 actes de piraterie ont eu lieu au premier trimestre, contre 56 lors de la même période l’année dernière. 63 membres d’équipage ont été pris en otages, soit plus du double par rapport aux trois premiers mois de l’an dernier (31 otages). Parmi les personnes enlevées, 13 ont fait l’objet de demande de rançon. Selon le BMI, les pirates sévissent, dans deux tiers des cas, en Indonésie, au Bangladesh, dans le golfe d’Aden, en Somalie et au Nigeria. Les arraisonnements sont moins nombreux au large de la Somalie mais ils sont plus violents: elles ont été le théâtre de près des deux tiers des prises d’otages à avoir lieu au cours du premier trimestre. Quant aux eaux indonésiennes, elles continuent à être les plus mal fréquentées au monde, avec 19 actes de piraterie. LIBERATION.FR 03 mai 2006

Zones touchées par la piraterie maritime dans le monde (4 février 2004)
Solomon Kane ; Francis Martin : Pirates et terroristes en mer d’Asie : un maillon faible du commerce mondial, : Chaque jour, dans le monde, un navire est victime d’un acte de piraterie. Au sein d’un monde professionnel corrompu, où la misère est la règle, où les mailles du droit sont lâches, et où l’illégalité est souvent la règle – pavillons de complaisance, compagnies-fantômes, complicité des autorités portuaires -, la piraterie prospère. Par sa situation politique, économique et géographique, l’Asie constitue le coeur de cette « jungle maritime ». 90 % des marchandises échangées dans le monde sont acheminées par bateaux. L’espace maritime mondial, où les marchandises circulent avec des délais toujours plus serrés, dans des conditions économiques et sociales toujours plus précaires, est menacé. L’équilibre du commerce international, entièrement tributaire de la marine marchande, pourrait être ébranlé par un 11 Septembre maritime. Une enquête claire, précise, émaillée de récits à couper le souffle, sur un phénomène dramatique et mal connu. Autrement – 2002
Organisations internationales – International Organizations – Organizaciones internacionales
Somalie – Somalia : RFI : La rançon astronomique du Maran Centaurus provoque violences et convoitises, 19 janvier 2010 (Le partage de la rançon du Maran Centaurus aurait mis le feu aux poudres. Il faut dire que la somme a de quoi aiguiser les appétits. D’après plusieurs sources, ce serait l’une des plus grosses jamais versées aux pirates : entre 5 ,5 et 7 millions de dollars).

Egypte : Le canal de Suez à l’épreuve : Dimanche 22 mars 2009, deux navires – un porte-conteneurs et un vraquier – ont été attaqués dans le golfe d’Aden par des pirates somaliens qui ont ouvert le feu sur les équipages. Les bâtiments ont réussi à échapper à leurs poursuivants… À en croire la veille réalisée par le Bureau maritime international (BMI), il ne se passe pas un jour sans que les eaux qui mènent au canal de Suez ne soient sujettes à des tentatives d’abordage ou de détournement. C’est l’une des raisons qui expliquent la chute de la fréquentation de la route maritime : – 25 % entre février 2008 et février 2009. Ce n’est pas la seule. La crise laisse aussi les bateaux à quai. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a prévu, en 2009, une chute de 9 % en volume du commerce mondial, du jamais-vu depuis la seconde guerre mondiale. Décidée à intensifier la lutte contre la piraterie qui oblige nombre d’armateurs à faire transiter leurs bateaux via le cap de Bonne-Espérance, la communauté internationale multiplie, depuis fin 2008, les opérations maritimes. Et renforce aussi son arsenal juridique : depuis le 17 décembre 2008 (résolution 1851 du Conseil de sécurité de l’ONU), les navires peuvent poursuivre les pirates jusque dans les eaux territoriales somaliennes. Marie-Béatrice Baudet, LE MONDE | 25.03.09
Yemen : Les navires de guerre australiens déjouent 2 attaques : Deux attaques contre des navires marchands ont été successivement déjouées par la marine de guerre australienne à 170 kms des côtes du Yémen, a-t-on appris de la marine australienne. Le Sydney et le Ballarat qui faisaient une escorte de navires ont, en effet, déjoué, samedi deux attaques pirates : l’une contre un pétrolier des Emirats arabes unis, le MV Dubai Princess, l’autre un cargo battant pavillon panaméen, le MSC Stella. Les pirates ont essayé de monter à bord et de tirer des roquettes au RPG.
A très bientôt pour la troisième partie du « monde caché des affaires ou le monde des affaires cachées… »
source : fsa.ulaval.ca/personnel/vernag
Pensons-y bien :
Un jeune cadre commençant aujourd’hui sa carrière – surtout si elle est internationale –pourra difficilement éviter de travailler, volontairement ou non, consciemment ou non avec ou dans une entreprise qui :
- appartient totalement ou en partie, directement ou indirectement, à des groupes criminels internationaux,
- a été financée, directement ou indirectement, consciemment ou pas, par de l’argent gagné dans des activités criminelles internationales et blanchi, voire même blanchi au cours du dit financement
- collabore, directement ou indirectement, consciemment ou pas, avec des entreprises contrôlées par des groupes criminels internationaux agissant comme sleeping partners ou utilisant ces entreprises pour poursuivre leurs activités criminelles internationales, en particulier dans le blanchiment d’argent
- participe régulièrement ou à l’occasion à des opérations de contrebande, de façon directe ou indirecte, inconsciente, passive ou active
- bénéficie du travail lointain de main d’œuvre honteusement exploitée comprenant des enfants ou des personnes en situation d’esclavage de fait
- participe, directement ou indirectement, consciemment ou pas, à la dégradation irréversible de notre environnement, même si il est très loin
- utilise tous les artifices légaux pour détourner l’esprit des lois et majorer ainsi ses profits, par le biais d’accommodements fiscaux, de jeux sur les prix de transferts, de manipulation des règles de la concurrence que facilitera parfois la corruption active des fonctionnaires en charge de ses dossiers
- participera à certains jeux politiques pouvant entraîner de graves bouleversements dont elle pense tirer profit
- participe à des jeux d’influence, à du lobbying outré, voire à de la manipulation sous la contrainte pour éviter certaines évolutions démocratiques contraires à ses intérêts
- bénéficie ou fait bénéficier certaines personnes d’informations privilégiées constituant, selon les cas, des délits d’initiés ou des abus de biens sociaux
- etc.
Introduction à une session sur la « corruption du monde » par le Pr Gérard Verna dans le cours de « Relations humaines dans les affaires internationales » du programme de MBA de l’Université Laval à Québec.
Lire aussi Partie I. http://www.burkinapmepmi.com/spip.php?article973




